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Commerce en ligne : comment s'adapter à l'essor de l'achat conversationnel

52 % des Canadiens interrogés déclarent déjà recourir à l'IA pour magasiner en ligne. C'est le chiffre clé d'un sondage Léger mené pour Novatize, firme québécoise spécialisée en commerce électronique, rendu public cette semaine.

Commerce en ligne : comment s'adapter à l'essor de l'achat conversationnel

Pour tout acteur du e-commerce, le seuil est franchi: l'achat conversationnel n'est plus un test, c'est un canal d'acquisition à part entière.

La bascule en douze mois

L'étude, réalisée pour la quatrième année consécutive, mesure l'évolution des comportements face aux recommandations et conseils d'achat personnalisés. En 2025, 39 % des répondants disaient avoir déjà utilisé l'IA pour magasiner en ligne. Un an plus tard, le chiffre grimpe à 52 %, soit une progression de 33 % en valeur relative sur une base déjà significative.

Pour Pascale Turpin, directrice marketing de Novatize, dépasser la barre des 50 % marque un point tournant. Ce n'est plus un usage marginal: c'est un mouvement de masse qui redéfinit la première interaction entre la marque et le consommateur.

Ce que ça change pour l'entonnoir

François-Jérôme Gosselin, président de Novatize, situe le point de rupture: la découverte produit migre des moteurs de recherche et des réseaux sociaux vers les moteurs conversationnels. Le parcours d'achat se recompose dès le premier point de contact, et chaque étape propose une sélection différente selon les critères de l'agent IA.

Trois variables conditionnent la capacité d'une marque à rester lisible par ces agents:

  • Donnée produit: la qualité et la structuration des fiches deviennent le premier signal envoyé aux modèles. Une donnée sale se traduit par une invisibilité automatique.
  • SEO sémantique: les bases du référencement naturel sont reprises par les moteurs conversationnels. Le SEO reste rentable, mais le format de sortie change.
  • Choix de plateforme: l'architecture technique conditionne la capacité d'un agent à lire, comparer et commander. Certaines stacks ne sont pas compatibles avec ce nouveau canal.

L'arbitrage à court terme

L'analogie la plus parlante vient également de Novatize: les marques qui ont adopté le SEO au début des années 2000 ont conservé un avantage structurel pendant plus d'une décennie. Le scénario se répète avec l'IA commerciale.

Pour un e-commerçant, l'arbitrage est simple: allouer une part du budget d'acquisition à la lisibilité machine plutôt qu'à la seule visibilité humaine. C'est un coût fixe de mise en conformité, pas une dépense publicitaire susceptible d'être coupée au prochain trimestre.

Trois indicateurs permettront de valider l'hypothèse dans les prochains mois:

1. Part du trafic issu des moteurs conversationnels dans les rapports analytics.

2. Taux de conversion des sessions initiées par un agent IA, comparé à une session organique classique.

3. Pourcentage du catalogue réellement lisible par les principaux modèles du marché.

Pour l'instant, la seule donnée publique fiable reste ce sondage Novatize. Mais le signal de fond ne laisse aucune place au doute: l'IA ne remplace pas le tunnel de vente, elle le précède. Ceux qui optimisent leur donnée dès maintenant convertissent ce changement en avantage compétitif mesurable. Les autres paieront le ticket d'entrée plus tard, avec un coût d'acquisition plus élevé.